Du 78 tours au disque compact

Plus de 100 années de musique

posté le 25-05-2017 à 22:04:46

Un vétéran chaleureux

Le pianiste et chanteur Charles Brown a passé six décennies à sans cesse enregistrer la même chose, mais on ne peut lui en vouloir. Il a toujours présenté du blues jazzé et du jazz bluesé, le tout avec une voix de chanteur de charme. Si certains de ses disques anciens ont mal vieilli, on ne peut en dire autant avec les derniers de sa vie, au cours des années 1990. La photo de la pochette nous indique que Brown était devenu un vieil homme, et c'est peut-être pourquoi ce disque fonctionne au poil. C'est irrésistible et chaleureux. Brown est décédé en 1999.

Charles Brown, Do You Want Me, 1992, Blues And Other Love Songs

 


 
 
posté le 23-05-2017 à 19:26:35

Chanson de train : Marie Philippe

J'aime les chansons qui parlent de trains parce que les musiciens se croient obligés d'imiter le sifflet, les roues sur les rails, la vapeur, etc. Ceci donne lieu à de la créativité. L'approche synthé/piano de Marie Philippe est intéressante.

Marie Philippe était une chanteuse et musicienne québécoise, populaire de 1987 à 1993, avant qu'elle ne disparaisse de l'oeil public par la suite, même si elle continue à composer, souvent des trames sonores pour des pièces de théâtre. J'aimerais bien qu'un si beau talent nous fasse signe à nouveau.

 


 
 
posté le 21-05-2017 à 01:56:10

Blues à talons hauts

Le premier disque de Roxy Perry, chanteuse crédible de blues, qui, malgré toutes ces années de carrière, demeure marginale. Il faut dire que les femmes blanches américaines, hors le cas de Rory Block, ont beaucoup de mal à se faire entendre dans leur propre pays. Si elles sont Noires, cela devient plus facile, tout comme celles d'Europe. Curieux, non? Roxy Perry a une bonne voix expressive, chante du blues acoustique, électrique ou avec des cuivres, comme dans le cas de la chanson que je vous présente. Le programme est complété par un peu de rock et des numéros soul funky. À propos de la pochette ci-haut : c'est celle de 1996. Dix ans plus tard, alors que le disque était relancé, quelqu'un s'est rendu compte que c'était laid et ne rendait pas service à Roxy. Alors, on a mis une photo de l'artiste.

Roxy Perry, Mother's Blues, 1996, High Heel Blues

 


 
 
posté le 19-05-2017 à 08:15:10

Joual rock : Daniel Boucher

La plupart des nouveaux chanteurs québécois des années 1990 avaient adopté un français standard. Ne restait pour le joual que quelques vétérans de la décennie 1970. Or, voilà qu'en 99 surgit de nulle part Daniel Boucher, joual dans le texte et dans la prononciation, avec un CD particulièrement éclaté, plein de risques et de machins déroutants. 'Sais pas pourquoi un produit aussi anti commercial a donné au débutant trois francs succès radiophoniques. J'ai toujours pensé que ce disque avait provoqué alors le même effet que celui de Robert Charlebois avec Louise Forestier, en 1968 : anti commercial, éclaté et joual. Notez bien que Daniel Boucher écrit de très belle façon et la description du vilain garnement - 'Je suis un infâme, je suis un sans-âme' - de La désise vaut le détour, d'autant plus que c'est rock à souhait, avec un zeste de blues qui traîne de la patte. Un des meilleurs rock québécois de tous les temps. Autre fait socialement intéressant : le cri 'Ma gang de malades!' est entré dans les moeurs de 1999 et on entendait l'exclamation un peu partout : sur la rue, dans les boutiques, vraiment partout. Tout le monde faisait partie de la gang de malades. Depuis, Daniel Boucher a poursuivi son chemin, mais sans jamais surpasser ce premier effort, qui, dix-huit années après sa sortie, trône encore dans les bacs des disquaires.

Daniel Boucher, La désise, 1999, Dix mille matins

 


 
 
posté le 16-05-2017 à 23:38:12

Racines lointaines

Des artistes inspirés par la soul, il y en a beaucoup. Cependant, le Britannique James Hunter offre une approche différente. Alors que d'autres s'inspirent de Wilson Pickett ou d'Otis Redding, les racines de Hunter sont plus lointaines, c'est à dire dans la soul de l'époque pré-Beatles. Style Clyde McPhatter, Chuck Willis, Ben E. King, cela sans tomber dans le piège de la nostalgie. Les chansons sont courtes, mélodiques, accrocheuses et il y a toujours plein de bonnes choses à croquer sur ses disques.